Championnats de France indoor 2008
Sdiri et Gomis font le show
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Dans un duel au sommet, Kafetien Gomis et Salim Sdiri ont offert un superbe spectacle au saut en longueur. Et si c’est bien le premier nommé qui a été sacré champion de France grâce à un bond à 8 m, le sociétaire de l’USM Montargis (7,98 m) ne boudait pas lui non plus son plaisir. Le stadium de Bordeaux Lac a également été le théâtre de la confirmation du talent de plusieurs jeunes. A commencer par Samuel Coco-Viloin, vainqueur du 60 m haies, et Yoann Decimus, titré sur 400 m.
D’habitude, une finale d’un Championnat de France ne fait vraiment qu’un heureux. Celui qui a le plaisir de monter sur la plus haute marche du podium avant de retourner au bercail une médaille d’or dans le sac à pointes. Pourtant, le concours masculin de la longueur de ce dimanche 17 janvier a dérogé à la règle. Dans un duel au sommet, Kafetien Gomis s’est imposé à l’arraché sur le dernier essai. Comme l’an dernier. En retombant dans le sable bordelais à 8 m, il s’offre un second titre consécutif. Mais son dauphin, pourtant battu d’un rien, avait lui aussi la banane. Car en réussissant un bond à 7,98 m, Salim Sdiri a confirmé qu’il était bien de retour. Et, comme il l’a dit quelques minutes après sa superbe performance, on a retrouvé le vrai Salim qui mord ses sauts. Dans la foulée de nos deux compères, de nombreux jeunes se sont également positionnés comme de potentiels voyageurs pour l’Espagne. On savait la génération 2012 talentueuse. Elle l’avait prouvé l’an dernier lors des Championnats d’Europe juniors et espoirs. Restait à confirmer chez les grands, là où tout commence vraiment. Et, aujourd’hui, ils sont nombreux à avoir « perfé » dans la foulée du bondissant Teddy Tamgho, tout proche des 17 m au triple saut hier. A commencer par le hurdleur Samuel Coco-Viloin sur 60 m haies. En l’absence de Ladji Doucouré, les prétendants à la victoire se bousculaient sur cette distance. Entre les jeunes aux dents longues Dimitri Bascou, Garfield Darien et donc Samuel Coco-Viloin, le Versaillais Cédric Lavanne, 27 ans, ne savait plus où donner de la tête. Plutôt bien parti, le sociétaire de Ouest Yvelines n’a laissé aucune chance à ses adversaires grâce à une fin de course explosive. Sitôt passé la ligne d’arrivée, il a esquissé signe de déception. Car, avec 7’’72, il venait d’échouer à deux centièmes des minima pour Valence. Mais la joie allait très vite reprendre le dessus.
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Mesnil dompte Clavier
Chez ses dames, le 60 m haies promettait aussi avec quatre athlètes en trois centièmes aux bilans hivernaux avant ces Championnats de France en salle ! Avec là aussi une opposition intergénérationnelle. D’un côté Alice Decaux et Cindy Billaud, 22 ans et 21 ans. De l’autre Reina-Flor Okori et Adrianna Lamalle, soit une belle flopée de titres nationaux chez les seniors à elles deux. C’est finalement Reina-Flor Okori, de retour sur les pistes cet hiver après une longue blessure au tendon d’achille, qui l’emporte en 8’’08. Elle réalise les minima pour Valence tout comme sa dauphine Cindy Billaud (8’’11), folle de joie. Sur l’anneau, à défaut d’affoler les chronos, les finales de 200 m, 400 m et 800 m ont offert des courses spectaculaires et serrées. Yoann Decimus avait déjà réalisé les fameux minima pour l’Espagne sur 400 m. Il a donc parachevé le travail en obtenant le titre national (47’’89) un petit centième devant Abderahim El Haouzi, après un rabattage au 200 m très « chaud ». Sur 800 m féminin, Elodie Guégan (2’11’’02) a elle aussi été titillée. Impériale en série, elle a attendu le dernier tour pour placer son accélération. Laëtitia Valdonado termine sur ses talons en 2’11’’39. Mais Elodie Guégan ne sera pas du voyage en Espagne. Elle a en effet décidé de faire l’impasse sur les Championnats du Monde en salle. Romain Mesnil a fait le même choix. Pourtant, le sociétaire de l’AC Paris Joinville monte en puissance. Il remporte le concours du saut à la perche en franchissant une barre à 5,70 m. Jérôme Clavier prend la 2e place avec 5,60 m. Et cette fois, il n’y avait qu’un heureux…
Ils ont dit :
Antonin Boyez (CA Montreuil 93), vainqueur du 5000 m marche en 20’01’’00 : « C’est mon premier titre mais aussi mon premier podium national. Là, je suis un peu incrédule, je ne sais pas trop quoi dire. Mais je confirme que la première marche du podium est bien la marche la plus haute ! C’est merveilleux. Je suis parti devant et j’ai fait le trou tout de suite sans m’en rendre compte. Ensuite, j’ai maintenu l’écart. Je n’ai que 23 ans. Pour un marcheur, c’est le début de carrière. »
Stéphane Szuster (ASPTT Nancy), vainqueur du lancer du poids avec 17,57 m : « J’ai dû attendre le 5e essai pour réussir un bon lancer. Le plateau était très glissant, un facteur que j’ai eu du mal à gérer. Le concours était ouvert cette année avec l’absence des deux meilleurs Français (ndlr : Gaëtan Bucki et Yves Niaré), il fallait en profiter. Je tiens à remercier le club de Tourlaville qui me permet actuellement de m’entraîner dans de bonnes conditions. »
Yoann Decimus, vainqueur du 400 m en 47’’89 : « J’ai déjà réalisé moins de 47’’ donc ce chrono ne me plaît pas. La course a été compliquée. Ca se gêne un peu de partout. J’ai préféré faire l’extérieur plutôt que de risquer la chute. Maintenant, je vais rentrer chez moi et me reposer. Et si j’ai la chance d’être pris pour les Championnats du Monde en salle, tant mieux. »
Samuel Coco-Viloin, vainqueur du 60 m haies en 7’’72 : « Dès le départ, j’ai vu que je remontais très vite. J’ai su donc très rapidement que j’allais gagner. Le chrono commence à descendre. Mais je ne sais pas si je serai pris pour les Mondiaux à Valence, il me manque deux centièmes. Si Ladji (Doucoure) avait été présent, je me serai encore plus arraché. »
Kafetien Gomis (Lille Metropole Athlétisme), vainqueur du saut en longueur avec 8 m : « Je l’emporte sur le dernier saut comme l’an dernier. Le mental est toujours là ! J’ai retrouvé la forme qui avait disparu depuis l’an dernier. Bizarrement, quand Salim s’est blessé, je me suis moi aussi blessé d’une certaine manière. Au-delà de l’adversaire, c’est une personne que je vois souvent en compétition. Finalement, notre renaissance a eu lieu également le même jour. »
Danielle Desmier, entraîneur de Salim Sdiri (USM Montargis), 2e du saut en longueur avec 7,98 m : « Salim n’a pas abordé ces championnats de France avec les mêmes ambitions que d’habitude. Il venait pour se rassurer dans un environnement assez particulier. Il se rendait compte que la forme revenait mais il ne pensait pas du tout être capable d’assurer 7,80 m comme hier ou d’approcher les 8 m comme aujourd’hui. Moi, je ne suis pas vraiment étonné. Salim a effectué un gros travail physique cet hiver qui paye sans doute aujourd’hui. » |