mardi 23 janvier 2007
Dopage Amsalem : «Du ménage à faire»
 |
| © Getty
|
Bernard Amsalem , président de la Fédération française d'athlétisme, estime mardi qu'une « grande partie du ménage a été fait » mais qu'il « en reste encore à effectuer », au lendemain de l'arrestation de Hind Dehiba à l'aéroport de Roissy en possession d'hormones de croissance.
«Bernard Amsalem, vous avez à plusieurs reprises exprimé vos doutes concernant une partie du demi-fond français. Comment réagissez-vous à l'arrestation de Dehiba ?
Hélas, ce n'est pas une surprise. Malheureusement les faits me donnent raison. Après Essarokh et Gezzar (suspendus deux ans après des contrôles antidopage positifs en 2006, ndlr), aujourd'hui c'est Dehiba, même s'il n'y a pas eu de contrôle positif. On a retrouvé des produits dopants dans ses bagages, donc il y a de fortes suspicions. Une grande partie du ménage a été fait, mais il en reste encore à effectuer. Les règlements qui vont être proposés à l'Assemblée générale au mois d'avril permettront de renforcer le suivi longitudinal sur le demi-fond en particulier, en passant de trois rendez-vous annuels à cinq ou six selon les athlètes. Cela concernera le demi-fond, mais pas seulement, même s'il n'y a aucune suspicion ailleurs.
Que risque Dehiba sur le plan sportif ?
Je sais qu'un contrôle a été diligenté. J'attends le résultat. En fonction, la Fédération agira. Formellement, si le contrôle subi hier (lundi) est négatif, elle pourra courir. De là à la sélectionner, c'est une autre histoire. La sélection dépend du DTN, mais j'émettrai de fortes réserves. En revanche, pour ses performances passées, on ne peut pas remonter, car en France, il n'y a pas de rétroactivité des actes de justice.
Qu'attendez-vous des suites de l'enquête, dont s'est saisi le parquet de Paris ?
J'espère que cette affaire va permettre à la police, aux services spécialisés, de remonter certaines filières. Les athlètes peuvent être des victimes, parfois consentantes. Autour d'eux, il y a des rabatteurs qui rapportent les produits, les vendent et suggèrent aux athlètes de les prendre. Je pense qu'il y a des filières d'alimentation de produits dopants qui viennent du Maroc et de plusieurs pays européens. On voit bien que sur les lieux de stages utilisés par certains athlètes, des individus tournent autour pour proposer des services. Il y a des choses à faire autour de Font-Romeu et d'autres sites à l'étranger. Pour Albuquerque (site américain, d'où revenait Dehiba), on en a la preuve aujourd'hui.»
|