mardi 23 janvier 2007
Hind Dehiba et son époux arrêtés en possession d'hormones de croissance
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La détentrice du record de France du 1500 m, Hind Dehiba et son époux, étaient toujours en garde à vue mardi soir, au lendemain de leur arrestation en possession d'hormones de croissance à l'aéroport de Roissy, au retour d'un stage à Albuquerque, aux Etats-Unis.
L'athlète, âgée de 27 ans, a été arrêtée lundi vers midi avec son mari et entraîneur, Fodil Dehiba, ainsi qu'un autre athlète après que les douaniers de Roissy eurent découvert des fioles d'hormones de croissance, un produit dopant, dans leurs bagages, comme l'a révélé le journal L'Equipe. Le mari a affirmé qu'elles étaient destinées à son usage personnel.
De sources concordantes, on indique que les douaniers ont été alertés par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Il y avait en effet eu un problème concernant la localisation de Dehiba, qui, comme tous les athlètes de haut niveau, doit fournir à la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) ses lieux et ses dates d'entraînement. L'athlète avait dans un premier temps indiqué qu'elle se trouvait au Maroc, alors qu'elle s'entraînait à Albuquerque.
Au terme de la garde à vue, mercredi midi, Dehiba, son mari et l'autre athlète seront soit déférés au parquet, qui pourrait ouvrir une information judiciaire, soit remis en liberté.
"S'il y a une procédure judiciaire, la fédération (française d'athlétisme, FFA) se portera partie civile pour prendre connaissance du dossier", a déclaré par téléphone Bernard Amsalem, président de la FFA.
Le pôle santé publique du parquet de Paris s'est saisi de cette enquête car une information judiciaire portant sur des faits similaires et visant une autre athlète, dont le nom n'a pas été communiqué, a été ouverte à Paris à l'été 2006, a précisé mardi le parquet.
La détentrice du record de France du 1500 m, en salle et en plein air, avait déjà été en 2006 au centre d'une polémique avec la FFA pour ne pas s'être rendue à une convocation pour la Coupe d'Europe, en invoquant une blessure.
La commission de discipline de la FFA, guère convaincue par les explications de la médaillée de bronze aux Championnats d'Europe en salle 2005, avait toutefois rendu un non-lieu, faute de pouvoir "contester la véracité de son certificat médical".
Sur le plan sportif, la FFA attend les résultats de l'enquête avant de prendre d'éventuelles sanctions.
"Je sais qu'un contrôle a été diligenté, a indiqué M. Amsalem. J'attends le résultat. En fonction, la Fédération agira. Formellement, si le contrôle subi hier (lundi) est négatif, elle pourra courir. De là à la sélectionner, c'est une autre histoire. La sélection dépend du DTN, mais j'émettrai de fortes réserves".
Le président de la FFA espère par ailleurs "que cette affaire va permettre, à la police, aux services spécialisés, de remonter certaines filières".
"Les athlètes peuvent être des victimes, parfois consentantes, a-t-il souligné. Autour d'eux, il y a des rabatteurs qui rapportent les produits, les vendent et suggèrent aux athlètes de les prendre".
Quelques mois après les suspensions pour deux ans de Latifa Essarokh et Nordine Gezzar, deux autres coureurs de demi-fond contrôlés positifs, "il reste encore du ménage à faire", a convenu M. Amsalem.
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