Championnats de France indoor 2007
Aux jeunes de prendre le relais
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Dans un contexte délicat, après l’annonce des cas positifs dans le demi-fond français, les championnats de France en salle 2007 doivent se passer de nombres de leurs leaders habituels. Certaines jeunes pousses ont déjà montré de belles dispositions.
A l’heure où s’ouvraient les Championnats de France 2007 en salle, une nouvelle fois situés à Clermont-Ferrand puisque le stade couvert de Liévin est en reconstruction, les conversations ne tournaient pas toutes forcément autour des questions sportives. Et la décision de la plupart des têtes d’affiche de l’athlétisme tricolore de faire un trait sur ces championnats hivernaux, souvent pour cause de blessures, semblait un moindre mal au vu des récentes affaires de dopages qui secouent l’athlétisme français.
Mais les discussions des travées n’ont pas troublé outre mesure les athlètes sur la piste, si l’on considère quelques belles performances pour une première journée toute entière dédiée aux qualifications. Des preuves ? Le beau comportement de quelques jeunes pousses promises à un bel avenir. Sur 200 m, Idrissa M’Barke, qui progresse décidément à pas de géants, se fendait d’un beau 20’’90 pour son retour sur sa distance d’origine après s’être spécialisé sur 400 m cet été. Emilie Gaydu, elle, fait feu de tout bois. La junior 1 et nouvelle bombe du sprint français, dès son entrée sur l’anneau, bouclait son tour de piste en 23’’62. Meilleur temps des séries, à 18 centièmes de secondes du record de France junior de Fabe Dia…
Térésa N’Zola, elle, a déjà exprimé chez les seniors son potentiel au triple saut. Et la voilà qui confirmait ses bonnes dispositions de l’été 2006 en retombant à 13,71 m en qualifications. Colomba Fofana et Karl Taillepierre, de leur côté, sont voués à s’expliquer en finale avec leurs 16,33 m et 16,29 m respectifs.
Du côté des fondeurs, les tauliers ont confirmé leur statut. Driss Maazouzi a repoussé avec autorité les assauts des petits jeunes pour s’imposer au terme d’un 1500 m tactique, tandis que Mounir Yemmouni, quelques instants plus tard, confirmait en un cavalier seul qu’il était dans une forme prometteuse. Les deux hommes auront peut-être l’occasion de nous rejouer l’arrivée au millième qui fut, voilà deux ans, le temps fort des championnats. Un peu plus tôt, Florent Lacasse avait affiché ses ambitions en l’emportant sans coup férir, et seul devant, pour son premier 800 m du week-end (1’48’’36).
La journée fut également marquée par un petit événement du côté des épreuves combinées. Certes pas parce que Rudy Bourguignon, d’autant plus favori après l’arrêt sur blessure de Nadir El Fassi, virait en deuxième position derrière Christophe Péchet (3121 points contre 3112) au soir de la première journée. C’est simplement qu’au moment de lancer son poids, quelques heures plus tôt, l’Amiénois osa la technique en rotation qui gagne des adeptes mais encore peu en vogue dans notre pays – si ce n’est auprès d’Yves Niaré. C’était peut-être bien la première fois qu’un spécialiste d’épreuves combinées s’essayait à pareille originalité…
Mais les combinards ne furent, pour une fois, pas les derniers à quitter le stade. Au moment où tout le monde rentrait à l’hôtel, une silhouette longiligne investissait la piste bicolore du stadium Jean-Pellez. Bouabdellah Tahri se lançait dans un léger entraînement, lui qui disputera samedi la finale du 3000 m. Le nouveau recordman de France de la discipline a les moyens de donner du piment à ces championnats. Et une autre image du demi-fond.
Ils ont dit :
Florent Lacasse (vainqueur de sa série du 800 m en 1’48’’36) :
« C’est bien, très bien. Je fais beaucoup de foncier cet hiver, je prépare l’été, mais je fais aussi un peu de spécifique pour préparer la salle. J’avais l’ambition de partir plus vite que cela aujourd’hui. J’ai envie d’aller plus vite qu’en 1’48. On verra en finale. »
Laëtitia Valdonado (vainqueur de sa série du 800 m en 2’08’’53) :
« Je n’avais pas trop de sensations, il n’est pas facile de partir sur un faux rythme. J’ai connu deux mois d’arrêt sur blessures l’été dernier, je voulais donc faire la salle pour me relancer. Il était important de revenir en compétition. »
Assia El Hannouni (5e de sa série en 2’15’’75 – record du monde handisport en salle) :
« C’était une expérience, car je ne connaissais pas le 800 m en salle. J’avais peur des bousculades, et c’est vrai que cela a bousculé sur les deux – trois premiers tours. Je me suis endormie sur un faux rythme, et je ne pense pas avoir donné mon maximum. »
Driss Maazouzi (vainqueur de sa série du 1500 m en 3’59’’10) :
« C’était une course… normale. J’aurais préféré aller plus vite, mais quand on peut gagner une course au sprint avec des jeunes, on ne se prive pas. Malheureusement, en ce moment, j’ai des soucis de boulot, je n’ai pas de situation, et ce matin encore je ne savais pas si j’allais courir. Mais à 37 ans je suis toujours là, toujours présent. »
Mounir Yemmouni (vainqueur de sa série du 1500 m en 3’50’’43) :
« Nous étions sur un faux rythme au début. Quand cela a commencé à se décanter, je suis parti au train, et je me suis aperçu que les autres ne m’avaient pas suivi, j’ai donc ralenti en vue de la finale. Depuis deux ans, chaque fois que j’arrive en forme, je me blesse. Cette saison en salle est donc en objectif, je veux aller aux Championnats d’Europe en salle pour faire quelque chose. Même si je m’affûte qu’avec les compétitions cet hiver. »
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