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Dans une lettre envoyée à des amis, Marion Jones aurait reconnu avoir pris des stéroïdes pendant deux ans avant les JO de Sydney. Selon le Washington Post, la triple championne olympique en 2000 avouerait avoir pris de la THG, un produit révélé lors de l'Affaire Balco.
Un véritable coup de tonnerre s'est abattu sur le monde de l'athlétisme. On ne s'y attendait plus. Et pourtant, Marion Jones serait passée aux aveux dans une lettre envoyée à des amis et révélée par le Washington Post. Elle déclarerait avoir pris des stéroïdes pendant deux ans avant les JO de Sydney. Un scoop énorme. L'athlète, constamment au coeur d'affaires de dopage depuis 2003, année où elle a donné naissance à son enfant, devrait même comparaître vendredi devant un juge à New York et plaider coupable de mensonge à des agents fédéraux.
Jones, qui n'a pas couru cette année, précise qu'elle a commencé à prendre ce produit en 1999 sur les conseils de son entraîneur de l'époque Trevor Graham, déjà mis en cause dans le contrôle positif de Justin Gatlin, le champion du monde (2005) et olympique en titre du 100 m. L'athlète native de Belize explique qu'elle "croyait" (Graham) et ne pensait pas "une seule seconde" que le produit, donné par son entraîneur et qu'elle se glissait "sous la langue", était un produit dopant. Dans sa lettre, la sprinteuse explique qu'elle a réalisé qu'elle se dopait après avoir quitté Graham et son camp de base de Raleigh (Caroline du nord) fin 2002.
Changements corporels
"Le drapeau rouge aurait dû être levé lorsqu'il m'a dit de n'en parler à personne", écrit-elle dans ses aveux. Elle indique aussi avoir constaté des changements au niveau de son corps et dans sa façon de récupérer des efforts de l'entraînement. L'ancienne compagne de Tim Montgomery, l'ex-détenteur du record du monde du 100 m mais "tombé" pour dopage, affirme que Graham lui disait qu'il s'agissait d'un complément nutritionnel.
Malgré de nombreux témoignages en sa défaveur, Jones n'a jamais été sanctionnée, notamment en l'absence d'aveux ou de contrôles positif. Elle a d'abord été mêlé à l'Affaire Balco, le laboratoire qui a fourni des produits dopants à de nombreux athlètes dont son premier mari CJ Hunter, champion du monde du poids en 2000, et Montgomery, le père de son fils.
L'an passé, Jones, qui avait gagné cinq médailles à Sydney, dont trois en or, avait effectué un retour très encourageant, remportant notamment les Championnats des Etats-Unis sur 100 m, en juin. Mais au cours de l'été, l'échantillon A de son contrôle effectué à l'issue de la course avait montré des traces d'EPO (érythropoïétine). Jones s'en était sortie grâce à l'analyse de l'échantillon B, déclaré négatif, innocentant automatiquement la jeune femme. Récemment, elle a aussi été mêlée à une affaire d'escroquerie aux chèques volés, qui a valu une condamnation à Montgomery, dont elle s'est séparée, et à son ancien entraîneur Steven Riddick.