Muriel Hurtis a mis le feu à la 2e journée des Championnats de France d'athlétisme en signant un chrono de valeur mondiale en séries du 200 m dames (22.38), samedi à Niort, où le DTN Franck Chevallier, rassuré, a ajouté quelques noms à sa liste pour les Mondiaux d'Osaka.
"Je ne sais pas si je voulais marquer mon territoire, mais ces championnats sont un véritable test", a commenté Hurtis. C'est une étape importante pour voir comment j'arrive à tenir trois courses dans un week-end".
La performance, à seulement sept centièmes de son record personnel remontant aux Mondiaux de Séville (Espagne) en 1999, est d'autant plus remarquable face à un mur de vent dans la ligne droite, handicap annulé par Eole favorable dans le virage.
Revenue à son meilleur niveau après une maternité au printemps 20O5, la grande "Mumu", impressionnante de puissance, a mis une demi-seconde à Christine Arron qui, pour son premier 200 mètres depuis deux ans, a pourtant réussi 22 sec 88/100.
Plus que correct si la reine Christine ne s'était plainte de "mal de tête" et de "jambes lourdes". "C'est bien mais je sais que je vaux largement mieux, a reconnu la double médaillée de bronze (100 m/200 m) des Mondiaux 2005. C'était dur et j'ai failli ne pas courir tellement je n'étais pas bien au départ. A l'entraînement, je suis largement au dessus des minima".
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Le public niortais, mis en appétit par Leslie Djhone, auteur d'un remarquable 45 sec 19/100 sur le tour de piste, a chaudement applaudi le local Lueyi Dovy, vainqueur du 100 mètres en 10 sec 41/100.
Plus que le chrono, conditionné par un fort vent de face, Dovi savourait sa renaissance. "C'est le plus beau des scénarios. C'est fort, c'est incommensurable", a souligné Dovy, qui a profité de l'abandon pour crampes du favori Martial Mbandjock, souverain en série et demi-finale.
On peut comprendre la joie du Marseillais d'origine. Dernier relayeur du 4X100 m sacré champion du monde à Helsinki, il avait été rattrapé quelques mois plus tard par une histoire d'importation et de commerce de produits illicites.
Si le passé ne rattrape pas le sprinteur, il devrait entrer dans la sélection pour Osaka, qui sera communiquée dimanche soir par le directeur technique national Franck Chevallier.
Outre Djhone, qui conduira au Japon un beau relais du mile malgré le forfait pour blessure du double champion d'Europe Marc Raquil, le DTN a couché plusieurs noms sur sa liste. Il s'agit du triple sauteur Julien Kapek, à 4 centimètres des minima (17,10 samedi contre 17,14 m exigés), de la prometteuse et fragile Elodie Guégan, championne de France du 800 mètres, et de Solen Desert, sur 400 m, qui a probablement qualifié ses partenaires du relais.
La journée a également mis en évidence, dans les concours, Mélanie Skotnik (1,95 m à la hauteur).
En milieu de soirée, Yohann Diniz, champion d'Europe du 50 km, a remporté haut la main le 20 km marche. "J'ai couru sur une allure de 50 km. Je suis resté dans le groupe puis, comme j'avais des fourmis, j'ai accéléré dans les dix derniers kilomètres", a expliqué le Rémois. En père tranquille.
Et, en toute fin de soirée, Jerôme Clavier a décroché, avec son record personnel (5,70 m), le titre de la perche. Le Tourangeau, 24 ans, a échoué à la mesure de 5,75 m, qui valait billet pour Osaka. Un laisser-passer que Romain Mesnil, le favori exclu du podium, a en poche depuis plusieurs semaines