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Elle est montée en puissance au fur et à mesure des courses. Série en 7’’16, demi en 7’’12. Et une finale entamée par un temps de réaction correct, sans plus : 0’’147. Une mise en action sans vraiment se dégager du peloton, avant une accélération qui, dès les 30 mètres, faisait basculer la course : voilà comment Christine Arron* a réussi à améliorer son propre record de France du 60 m de deux centièmes. Heureuse, radieuse, même, Christine. On la comprend : la performance, la deuxième mondiale cet hiver derrière les 7’’04 de Campbell, la place en position idéale, tout en lui permettant de faire le plein de confiance, avant les Mondiaux en salle de Moscou. Derrière, c’est Fabienne Béret-Martinel qui, en s’offrant la deuxième place, réglait a priori la question du second billet pour Moscou, puisque elles étaient deux, avec Lina Jacques-Sébastien (3e), à avoir déjà réalisé les minima. L’épreuve, il est vrai, devait faire sans Véronique Mang. Blessée aux Championnats de France jeunes, celle qui avait réalisé 7’’25 cette saison n’était pas suffisamment rétablie pour venir en découdre.
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L’une des autres finales qui promettait beaucoup était celle du 400 m messieurs. Qui posait une question récurrente : qui serait du voyage à Moscou ? Depuis les 47’’07 de Brice Panel, juste devant les 47’’10 de Fadil Bellaabouss en série (soit les deux meilleures perfs françaises de la saison), la donne avait changé. Marc Raquil, désormais crâne rasé de près, n’était plus du voyage en individuel, même si la perspective d’envoyer un relais 4x400 m en Russie devenait plus que probable. Et comme le 1500 m la veille, la finale n’a pas déçu. Dans la foulée du Mauricien Eric Milazar, parti comme une balle, les deux jeunots, Panel et Bellaabouss, se plaçait habilement à la cloche. Raquil suivait, allongeait la foulée… Mais le déboulé légendaire de viendrait pas. Pas étonnant quand on voyait les chronos à l’arrivée : 46’’28 pour Milazar, et 46’’70 pour Panel*, qui faisait voler son record estival en éclats ! Suivaient Bellaabouss (47’’11) et… Teddy Venel (47’’38), qui venaient battre sur la ligne un Marc Raquil repoussé du podium (47’’39) !
Du côté des sautoirs, Salim Sdiri a confirmé sa forme du moment. Avec 8,23 m, le recordman de France est une nouvelle fois retombé au-delà des 8,20 m. Tout en mordant d’une pointe, à peine, la plasticine sur un essai à 8,32 m… Une performance qui pourrait lui autoriser de beaux espoirs dans la perspective de Moscou. Mais il faudra être capable de voler à ce niveau en Russie, dans un grand championnat, comme Sdiri avait su le faire à Helsinki.
C’est aussi du côté de la hauteur que sont venues de belles émotions. Tout simplement parce que deux hommes, Hervé Paris et Mustafa Raifak, se sont disputé le titre à 2,28 m, une hauteur qui leur permettait, en la franchissant, de s’envoler pour Moscou. Raifak, sur les deux premiers essais, se prouvait qu’il avait les moyens de passer le cap. Et concrétisait ses espoirs sur sa dernière tentative ! 2,28 m, il y aura donc un sauteur en hauteur à Moscou, ce qui devrait faire un bien fou à la discipline. Paris, lui, calait finalement à 2,23 m.
A la perche, Vanessa Boslak n’a, elle, pas tremblé. Sans, toutefois, avoir à s’élever à des hauteurs vertigineuses pour elle. Avec 4,30 m, la Lilloise reprenait tranquillement goût à la victoire, après les blessures qui l’ont tenue éloignée des sautoirs pendant quelques semaines.
On notera encore l’exploit rarissime de Maria Martins, vainqueur de son 1500 m après avoir chuté dès les premières foulées et remonté tout le peloton, la belle victoire d’Antoine Martiak sur 800 m, et, toujours sur la même distance, l’échec rageant de Laëtitia Valdonado, seule du début à la fin contre les minima, qu’elle ne parvenait pas à accrocher pour 37 maheureux centièmes (2’04’’37).
Enfin, le concours du poids masculin valut, lui aussi, son pesant de fonte. Grâce à un chassé croisé entre Yves Niaré et Gaëtan Bucki. Ce dernier qui aura d’ailleurs confirmé sa progression, avec un nouveau record personnel porté à 19,70 m. Derrière, juste derrière, Yves Niaré avait lancé son engin à 19,54 m. Dommage pour les minima, fixés à 20,05 m. Mais le duel entre ces deux gaillards devrait bientôt permettre au poids français de franchir à nouveau la fameuse barre des 20 m, indispensable désormais pour penser en terme internationaux. Pour les autres, rendez-vous à Moscou, dans douze jours maintenant, pour les Championnats du Monde.