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Deuxième journée des Championnats de France élite à Clermont, et premières finales. Avec, pour certaines d’entre elle, les mêmes acteurs que la veille. Les coureurs de 1500 m étaient ainsi appelés à en découdre pour le titre, après leurs séries de la veille. L’occasion de départager plusieurs des prétendants à la sélection pour les Mondiaux de Moscou, qui ne peut retenir que deux athlètes seulement par épreuve. Chez les milers, en l’occurrence, ils étaient trois (Eraud, Maazouzi et Yemmouni) à avoir réalisé les minima sur la distance. Une situation qui aura valu au public Clermontois de vivre sa plus belle émotion de la journée. Trois hommes, deux places, et six centièmes de seconde pour les départager au terme d’une ligne droite aux coudes à coudes… Mieux encore : Yemmouni*, longtemps au avant-postes, n’a gardé l’avantage sur ce vieux renard de Driss Maazouzi qu’au bénéfice d’une pincée de millièmes, et d’un cassé à en tomber par terre, puisque les deux hommes sont crédités du même temps (3’46’’26)… et de la même chute ! On l’aura compris, Guillaume Eraud (3’46’’32), qui n’a peut-être pas assez cru en ses chances, était le dindon de la farce. Et alors que Driss Maazouzi, persuadé d’avoir gagné, entamait un tour d’honneur, le jeune homme voyait ses chances de participer aux Mondiaux en salle s’éloigner – sans toutefois disparaître définitivement, puisque Maazouzi confirmait qu’il irait tester une dernière fois sa forme au meeting de Liévin sur 1000 m avant de décider s’il prendrait ou non l’avion vers l’Est.
Sur la distance supérieure, côté féminin, Bouchra Ghezielle s’est emparée sans coup férir et sans surprise de son premier titre national en salle (8’59’’81). C’est juste derrière que s’est noué l’un des épisodes de la journée, avec la deuxième place de Christine Bardelle (9’05’’53), à 53 centièmes des Mondiaux, puisque les minima, imposés par l’IAAF, n’autorisent aucun repêchage.
D’année en année, le triple-saut masculin offre au public des « France » élite, qu’il remplisse les tribunes du stadium Jean-Pellez ou celles de Liévin, son lot d’émotions. L’édition 2006 n’a pas dérogé à la règle, même si, cette fois-ci, le suspense a tourné court. Dès le premier essai, en effet, la messe était dite. Dans le rôle du prêtre du triple bond, Karl Taillepierre*. Souffrant d’une talonnade, le sociétaire de Neuilly-Plaisance a assommé la compétition dès son entrée en matière en brouillant le sable à 16,90 m – soit dix centimètres au-delà des minima. Une marque qui allait lui permettre de garder la tête jusqu’à la remise des médailles, tout en se ménageant en sautant quelques essais. Car derrière, la concurrence ne parvenait pas vraiment à l’inquiéter. Et Colomba Fofana (16,74 m), Sébastien Pincemail (16,56 m) et Julien Kapek (16,27 m) manquaient l’occasion de réaliser les minima moscovites…
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Sur la demi-ligne droite du 60 m, la lutte fut elle aussi on ne peut plus serrée pour monter sur le podium et dans l’avion pour la Russie. Le titre mondial de l’équipe de France de 4x100 m à Helsinki aurait-il créé un appel d’air ? Toujours est-il qu’au fil des tours (séries, demis et finale disputés aujourd’hui), les sprinteurs se rapprochaient des minima comme un essaim d’abeilles autour d’un pot de miel. En finale, le roi de ruche fut comme prévu Ronald Pognon*, mais dans un chrono (6’’68) qu’il aurait préféré inférieur. Mais qui le rassurait toutefois dans la perspective de son éventuelle participation aux Mondiaux en salle. Décision définitive le week-end prochain, après la Coupe d’Europe en salle. Derrière ? Oudere Kankarafou, après le titre mondial du 4x100 m en juillet dernier, s’offrait la possibilités de connaître de nouveaux émois internationaux en accrochant la deuxième place, minima (6’’70) à la clé au centième près. Un chrono également décroché par Yannick Urbino, 3e, mais en demi-finale (6’’72 en finale).
Avec quelques obstacles en plus, les femmes se sont elles aussi bien débrouillées. Elles étaient une petite demi-douzaine à pouvoir espérer passer sous les 8’’10 requis sur 60 m haies. Mission accomplie dès les demi-finales pour Nicole Ramalalanirina* et Adrianna Lamalle. En finale, « Ramala » (8’’03) effectuait un éclatant retour au premier plan en passant la ligne juste devant Lamalle (8’’07), au grand dam de Reina-Flor Okori, restée aux portes de la sélection malgré ses 8’’10 en série.
En milieu de journée, les organisateurs avaient dérogé, pour le plus grand plaisir du public et des athlètes, à l’étrange tradition qui veut que les épreuves de marche soient toujours reléguées aux aurores. A 16h30, devant des tribunes pleines, la Polonaise de Tourcoing Sylwia Korzeniowska* a profité de l’aubaine pour l’emporter devant Christine Guinaudeau. En revanche, une autre tradition fut respectée : celle de clore les débats par les derniers essais d’un concours. Cette fois, ce sont les perchistes qui s’y sont collés. Et la jeune garde des Clavier, Favretto (5,55 m tous les deux, ce qui permettra sans doute à Clavier, 2e, de gagner sa sélection pour Moscou), Peuf ou encore Dossevi (5,45 m tous les deux) n’ont rien pu face au retour gagnant de Romain Mesnil* (5,65 m, trois échecs de peu à 5,80 m). Demain, ils seront encore quelques-uns à rêver de médailles, et de strapontins dans l’avion pour Moscou.