Une performance de pointe (17,38 m pour Kapek au triple saut), une bonne dose de nouveaux minima pour Göteborg et de grosses inquiétudes pour les blessés du week-end, Mehdi Baala et Christine Arron : voilà la formule à émotions de cette deuxième journée de Championnats de France élite à Nancy.
La journée avait pourtant mal commencé. Dès le footing matinal de Mehdi Baala, en fait. Le Strasbourgeois, censé disputer le 1500 m à Nancy, se ressentait d’une sciatalgie qui le titillait depuis trois jours. Verdict : pas de championnats de France. La bonne nouvelle venant du fait que la douleur ne devrait l’handicaper que quelques jours… Dans la foulée, si l’on peut dire, de noirs nuages s’amoncelaient sur l’avenir européen de Christine Arron. Les résultats des premiers examens passés suite à sa blessure contractée la veille, en série du 100 m faisait état d’une période de convalescence « de trois à six semaines », selon le docteur fédéral, Philippe Deymié. Göteborg, c’est dans quinze jours…
Sous un soleil plus pesant encore que la veille, qui avait obligé les organisateurs à décaler en soirée les horaires du 20 km marche et du steeple féminin, il y eut tout de même des moments un peu plus gais sur le stade de Tomblaine, en lisière de Nancy. Le premier qui vient à l’esprit ? La performance de Julien Kapek au triple saut. Le coup est pourtant connu, il en use aussi souvent que faire se peut. Vous savez, le truc du dernier essai, histoire de changer le cours des choses au moment où on ne s’y attend plus. Cette fois, pourtant, il n’y avait pas de situation à renverser pour l’étudiant américain dans cette finale du triple saut. Depuis le premier essai, le gaillard pointait en tête, à la faveur en particulier d’un triple bond à 17,00 m tout rond. Pas de soucis, donc, pour le titre. Juste une énorme envie d’aller beaucoup plus loin. Alors, le public a tapé dans les mains, les supporters ont crié, et Kapek s’est envolé trois fois de suite. Le micro de Marc Maury n’en revenait pas : 17,38 m, 3e perf française de tous les temps.