Après deux saisons sans finale dans un grand championnat, Mehdi Baala a renoué mercredi avec le succès en remportant sur 1500 mètres la première médaille d'or française des championnats d'Europe.
Conservant son titre acquis à Munich en 2002, l'Alsacien a retrouvé son explosivité, sa souplesse donc, et la pointe de vitesse de ses années juniors.
Le postier strasbourgeois de 27 ans est le premier français de l'histoire à remporter deux titres européens consécutifs sur la même épreuve. Avant lui, Michel Jazy avait décroché l'or sur 1500 mètres en 1962 puis l'or sur 5000 mètres en 1966.
Avec sa petite fille dans les bras, Mehdi Baala était ravi "d'avoir réussi une course sans m'affoler, en réagissant comme il fallait au moment où il le fallait. Comme convenu, à la cloche, j'ai lâché les chevaux".
"Pendant plusieurs nuits, j'ai ressassé ma course. Je me suis posé des questions sur mes séances d'entraînement, leur quantité et leur qualité. Je me suis demandé si j'avais assez couru puisque je n'avais pas fait de 1500 mètres depuis le 8 juillet".
"Bref, je me suis mis un peu tout seul de la pression sur les épaules", a-t-il estimé.
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"Pour l'instant, je ne peux pas dire si je suis entré de nouveau dans un cycle de succès. On verra l'année prochaine lors des championnats du monde au Japon. D'ici-là, je vais m'entraîner pour battre tout le monde, tous les mecs propres", a-t-il dit.
PNEUS EN OR
Grâce aux conseils de José Marajo, l'ancien coureur de 800 mètres, le double champion d'Europe semble surtout avoir trouvé "des pneus manquant jusqu'à présent à son moteur".
Cette saison, les deux hommes ont mis en place des séances spécifiques de musculation.
"Souvent, les athlètes du demi-fond ont un super moteur", a expliqué l'ancien athlète travaillant aujourd'hui pour le Ministère de la Jeunesse et des Sports. "Mais, ils ne travaillent pas leur préparation physique pour acquérir de bons pneus. Grâce à nos séances, il a retrouvé l'explosivité et la souplesse qu'il avait quand il était junior".
"Redevenu plus souple et plus explosif, il a pu accélérer quand il a voulu, plusieurs fois même tout en restant relâché puis entretenir sa vitesse sans forcer. Il a gagné sa finale avec ses jambes sans grimacer, sans se battre pour le faire. Il a vraiment presque déroulé", a résumé José Marajo.
Après une élimination en séries aux Jeux Olympiques en 2004 et une élimination en demi-finales des mondiaux en 2005, Mehdi Baala renoue avec le succès.
A ses côtés, Jean-Michel Dirringer, son entraîneur de toujours, était ravi d'avoir vu son poulain "appliquer notre scénario de A à Z, notamment d'attaquer ferme et définitif à 600 mètres de l'arrivée. Pour gagner ces championnats d'Europe, Mehdi était prêt à tout, à répondre à tout type de course".
"Sur sa valeur du jour, il ne pouvait pas être battu. Surtout, nous savions que l'Ukrainien Heshko, son plus redoutable adversaire, se tenait toujours à la corde donc, avait du mal à répondre en cas d'attaque. Quand Mehdi a placé la troisième et dernière, l'Ukrainien s'est effectivement trouvé coincé", a expliqué Jean-Michel Dirringer.
Avant de partir recevoir sa médaille en pleurs, Mehdi Baala a confirmé "ne pas vouloir doubler avec le 800 m. Cette épreuve était une roue de secours au cas où je me ratais sur le 1500 m comme lors des championnats du monde en 2005".
"Participer encore à cette épreuve serait me mettre une pression supplémentaire. Je ne le souhaite pas", a-t-il conclu.