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En
l'absence de Driss Maazouzi (1500 m) et d'Eunice Barber (longueur), Christine
Arron est l'incontestable leader de l'équipe de France d'athlétisme
et la principale chance de médaille tricolore à l'occasion des Mondiaux-2004
en salle de vendredi à dimanche à Budapest.
Sur 60 mètres, la sprinteuse voudra profiter de son excellente condition
actuelle et de l'absence de l'Américaine Marion Jones pour se couvrir d'or
dans une ville qui lui réussit. En 1998, elle était devenue double
championne d'Europe (plein air) sur 100 m et au relais 4x100 m.
Q: Six ans après votre triomphe à Budapest, que vous inspire
ce retour en Hongrie ?
R: "Une bonne sensation. J'irai d'ailleurs revoir le stade où j'avais
brillé en 1998. Mais je pense avant tout au présent et à
mon 60 mètres de vendredi. Je devrai être bonne dans mes trois courses
pour espérer quelque chose. Ce sera très ouvert avec des filles
qui se tiennent en quelques centièmes: l'Américaine Gail Devers,
la Russe Yuliya Tabakova ou encore la Belge Kim Gevaert. Je me sens actuellement
très forte et très rapide. Mais je ne serai pas la favorite. Sur
la base de ses récents résultats, l'Américaine Gail Devers
a de bonnes chances de l'emporter. Mais il n'est pas impossible de la battre si
je cours comme il y a deux semaines quand j'ai amélioré le record
de France (en 7 sec et 8/100, ndlr). Même si je suis ici pour gagner, une
médaille ferait déjà mon bonheur."
Q: En l'absence de Driss Maazouzu et d'Eunice Barber, ressentez-vous une pression
particulière ?
R: "Non, vraiment aucune. Je me concentre uniquement sur ce que j'ai à
faire. Notre équipe, c'est vrai, est en grande partie composée de
jeunes athlètes qui viennent à Budapest avant tout pour engranger
de l'expérience plus que pour faire des résultats. Néanmoins,
nous saisirons les occasions qui se présentent. Ce serait sympa de quitter
la Hongrie avec quelques médailles."
Q: Vous semblez extrêmement détendue. Tout ce déroule
donc comme vous le souhaitez ?
R: "Mais pourquoi devrais-je être inquiète ? Je me sens bien.
Je me soigne bien. A 30 ans, je sens que je continue à progresser techniquement
et physiquement. Tout va bien dans mon entourage. Ma fille a vingt mois. Elle
m'apporte tellement de bonheur. Bien sûr, je voudrais passer plus de temps
avec elle. Mais je suis sereine car je sais que ma mère prend très
bien soin d'elle."