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Linda Ferga-Khodadin revient
en force. A 30 jours des Championnats du Monde, les France
élite, dernière chance pour décrocher
les minima pour Paris 2003 Saint-Denis, se sont ouverts jeudi
à Narbonne dans un vent tournant et sous un soleil
plus clément que prévu. Linda Ferga-Khodadin
a donné l’exemple en décrochant le fameux
sésame chronométrique.
Onze ans après,
les championnats de France élite font donc de nouveau
escale à Narbonne, au Parc des Sports et de l’Amitié.
En 1992, l’athlétisme français s’apprêtait
à faire face à un rendez-vous majeur, les
Jeux olympiques de Barcelone. Cette fois encore, les Bleus
se préparent à nouveau à un festin
aux petits oignons avec les Championnats du Monde de Paris
Saint-Denis. Cette fois, ce sont eux les hôtes. Le
seul petit problème, c’est que tous les tricolores
ne sont pas encore sûrs d’être de la fête.
A l’heure où s’ouvrait la première
session des championnats, qui prendront fin samedi soir
(toutes les épreuves, marche mise à part,
sont programmées en fin d’après midi),
ils étaient une quarantaine, guère plus, à
avoir atteint les minima, indispensables (mais pas suffisants)
pour aller voir de plus près à quoi ressemble
la piste du Stade de France au mois d’août.
Etant donné que la sélection sera donnée
mardi prochain, la compétition est la dernière
occasion de décrocher son billet…
Linda Ferga-Khodadin* l’avait
bien compris. Elle qui n’avait pas encore réalisé
les minima sur 100 m haies s’est fendu dès
les séries d’un 12’’87 (+ 0,1)
qui lui vaudra probablement un billet pour les Championnats
du Monde. Sans doute la sociétaire du Bayard avait-elle
été inspirée par la performance de
Patricia Girard* (vent nul), qui avait coupé la ligne
en 12’’83 (meilleure perf française cette
saison) quelques minutes plus tôt. Les filles des
haies hautes, qui donnaient l’impression de traîner
en route en ce début de saison, arrivent finalement
peut-être en forme au bon moment…
D’autres, malheureusement, ont
raté la marche. Première (mauvaise) surprise,
de taille : l’élimination de Jean-Claude Retel
au disque. Le colosse guadeloupéen, fautif de n’avoir
pu effectué un seul lancer validé, n’ira
pas en finale. Pas plus qu’aux Championnats du Monde,
où la France ne comptera donc aucun discobole puisque
Retel n’a pas réalisé les minima.
Mehdi Baala*, de son côté,
devrait être de la fête, sauf problème
de dernière minute. Et contrairement à ce
qui avait été annoncé, le Strasbourgeois
était bel et bien, également, sur la piste
de Narbonne. Avec à la clé une qualification
sans coup férir pour la finale du 800 m de vendredi
(1er en 1’46’’16). Ce fut plus difficile
pour Nicolas Aïssat*, qui sortait de dix jours de maladie.
Dans ce contexte, sa qualification au temps était
plutôt de bonne augure. Les deux internationaux en
retrouveront un troisième, Jimmy Lomba, en finale.
Alexandre Padovani, qui avait pris part aux Mondiaux indoor
de Birmingham cet hiver, avait de son côté
craqué sur la fin pour être devancé
de deux centièmes par un autre espoir, Antoine Martiak,
qui venait lui souffler une place en finale… jusqu’à
ce que Pado soit repêché suite à une
erreur dans la composition des séries. Il sera donc,
lui aussi, au rendez-vous de la finale.
Compliquée, également,
la qualification des sprinters et sprinteuses sur 100 m.
Une interminable litanie de faux départs venant perturber
certaines séries, et les athlètes étant
parfois rappelés alors qu’ils avaient déjà
parcouru une trentaine de mètres, on pouvait comprendre
l’énervement de certains. L’explication
: un starter trop rapide entre l’ordre " prêt
" et le coup de pistolet, et un capteur qui indiquait
systématiquement faux départ… Pas de
problème, toutefois, pour Christine Arron* (11’’09,
+0,4) et sa compagne d’entraînement Muriel Hurtis*
(11’’07, +2,8), vainqueur de leurs séries
respectives. Chez les hommes, Issa N’Thépé
(10’’29 avec vent défavorable) et Jérôme
Eyana (10’’35, +0,1) ont manqué leurs
minima pour les Mondiaux (10’’21), tout en prenant
date pour la finale de vendredi.
Pour le reste, on retiendra les victoires
de Romain Mesnil sans forcer à 5,60 m dans un vent
tourbillonnant, et celle de Driss El Himer*, descendu du
marathon pour venir cueillir dans un cavalier seul le titre
sur 5000 m. Derrière, en 13’38’’39,
Loïc le Tellier ne parvenait pas à passer sous
les minima, malgré l’aide du vainqueur du jour,
dont l’un des objectifs était d’aider
les copains à faire mieux que les fameux 13’21’’50.
Les décathloniens, eux aussi, auront bien besoin
de se serrer les coudes pour atteindre les 8090 points requis.
Romain Barras, Sébastien Lévicq et Laurent
Hernu s’y sont cassé les dents jusqu’à
maintenant. Au fil de leurs premières épreuves,
Hernu était le mieux placé. Il faudra attendre
demain pour savoir s’il peut espérer, et d’autres
avec lui, entrer dans l’arène du Stade de France
dans un mois tout juste.